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Critiques de mes livres

Mardi 13 février 2007

Arts & Culture Info-Soir Mardi 22 - Mercredi 23 novembre 2005

«Conversations à Alger»

Une histoire de rencontres

Par Nassira Belloula
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Mardi 13 février 2007

 

Liberté 21 avril 2003
L’écriture en deux temps
Par Yacine Idjer

Écrit par Nassira Belloula, Rebelle en toute demeure, un livre paru aux éditions Chihab, est un récit suscitant une forte émotion, tenant grandement en haleine le lecteur tant l’écriture est sobre et fluide, et l’histoire narrée est authentique et prenante. Le récit est palpitant, se présentant en deux tableaux opposés.

 

D’abord, la narratrice évoque, par le biais de ses souvenirs, certes lointains mais constamment présents en elle, le passé, elle parle de son enfance, de ces années où l’innocence se mêlait à la beauté, l’amour à la générosité et l’amitié à la complicité.  La narratrice transporte un lecteur, fasciné par la richesse des tableaux qu’elle dépeints, dans un univers attachant, semblable à celui que décrit l’écrivain français Marcel Pagnol dans ses deux livres  À la gloire de mon père et Le Château de ma mère puisque la narratrice, enfant, découvre, comme l’enfant de Marcel Pagnol, la terre ancestrale sur laquelle la petite fille, qui a quitté la ville, réapprend les gestes et le langage des siens, découvre d’autres joies et rencontre d’autres gens.  Si bien que la narratrice change de tableau, et le décor devient plus sombre, plus funèbre.
Les couleurs deviennent alors ternes, tristes… Ce n’est plus le temps de l’enfance, donc de l’insouciance et de joies multiples, mais celui de la peur et de la tourmente.
Puisqu’elle raconte, à travers ses personnages, la décennie noire, ces années qui ont bouleversé, choqué et traumatisé la population civile. Elle écrit : “Soudain, mes souvenirs d’enfant s’enfuirent par la porte restée béante. Je repris le cours de ma vie là où elle s’était arrêtée, il y a quelques heures sur l’oreiller même où j’ai posé ma tête encore étoilée d’émerveillement. L’enchantement rompu, je regardais ma montre qui marquait minuit. La nuit tant redoutée me harcelait de nouveau par son irascible appétit de cauchemars. Le temps de l’insouciance était déjà  loin et je me retrouvais coincée pour l’éternité dans ces années quatre-vingt-dix où le mal personnifié s’était installé entre nous, dans nos maisons et dans nos cœurs. La réalité aussi amère que pénible reprenait le dessus et je ne rêvais plus, je ne voyais plus cette petite fille qui sautillait à la corde, enveloppée dans son manteau en flanelle rouge et ses gants verts.”  
Ainsi, la narratrice, témoin d’une société, script d’une réalité accablante pleine de souffrances, de tourments et de doutes, trouve dans l’écriture un refuge dans lequel elle se rend pour y trouver paix et réconfort ;  et par l’écriture, une passion qu’elle cultive dès son jeune âge, elle évoque désormais ses nostalgies, ses peines, ses incertitudes, alors que, jadis, elle aimait errer “dans l’imagination de ses écrits, parfois romanesques, parfois fantaisistes”.  Elle écrit : “Mes personnages avaient des étoffes de chevaliers et des amours de troubadours mystiques. Je me mêlais à eux, il m’arrivait alors de les suivre dans l’extravagance de leurs sentiments confus.” 
À présent, ce n’est plus le cas. Ses personnages sont angoissés, harcelés, malheureux, désolés, affolés, perdus, commotionnés, voire assassinés. Ce sont des victimes d’une fatalité écrasante.
Rebelle en toute demeure est “une écriture ancrée dans l’actualité algérienne faite de douleurs et de sang, qui tente, par cette remontée dans le temps des enfances, de chercher l’humain dans l’inhumain, le nommable dans l’innommable, le poétique dans une syntaxe ensanglantée. L’auteur nous livre, ici, un témoignage à la fois tendre et violent”.

I. Y.

Rebelle en toute demeure de Nassira Belloula, éditions Chihab, 118 pages, prix 280 DA.


Le Soir d'Agérie 17 mai 2003
Voyage au bout de la nuit

En deux tableaux très contrastés, Rebelle en toute demeure est le résultat d'une longue et minutieuse observation que Nassira Belloula nous offre dans son récit. Voilà ce qui ressort après une lecture sommaire du récit Rebelle en toute demeure paru dernièrement aux éditions Chihab. En 118 pages, l'écrivain-journaliste Nassira Belloula plonge le lecteur dans les fins fonds de sa mémoire encombrés par la pesanteur de tous ces souvenirs obscurs, qui font mal, à revoir, à remémorer, bref à revivre. Riche en émotions et en chagrin, Nassira Belloula nous entraîne dans ses rêves, des rêves qu'elle veut interminables.
Chaque ligne de son récit porte un chagrin à raconter, son propre chagrin. Celui de cette fille citadine qui a été obligée de quitter la ville qui l'a vu naître et grandir vers les monts des Aurès. La douleur d'une nostalgie, celle de se souvenir, brusquement, de ses amis d'enfance passée à Telemly aux côtés de Lamine, Thierry, Sajiya. Mais il y a aussi ces images indélébiles, celles des autres, ses compatriotes, ayant traversé l'une des périodes les plus amères, les plus horribles qu'a jamais vécues l'humanité : il s'agit, bien entendu, de la décennie noire qu'a vécue le peuple algérien. Cette véritable tragédie qui a plongé l'Algérie dans un océan de feu et de sang. Multipliant les personnages, les histoires, et pour ainsi dire les paysages, Nassira Belloula apporte son témoignage devant les récits de Z'hor, pour qui on a ravi son enfant et son mari. cette déchirure lui a valu l'asile psychiatrique à Blida. Il y a aussi cette histoire de Hakim, qui s'est échappé de justesse des mains des hordes intégristes. Ou encore ce récit dramatique de Souhila, “femelle” kidnappée par les fous de Dieu. Cette dernière, après avoir subi toutes sortes de tortures, sans évoquer les sévices sexuels, a fini par échapper à leurs griffes. Ces témoignages n'attestent pas d'un cri de personnes qui demandent d'être vues d'un œil pitoyable. Ce que réclament ces personnages, c'est de bien garder la mémoire, faire preuve de bravoure et de courage pour parvenir à continuer le combat, car il faut “entretenir la mémoire défaillante face au temps, laisser le souvenir couler et demeurer pour que l'oubli ne s'achemine point vers nos cœurs”. Et dans Rebelle en toute demeure, il s'agit bel et bien d'un combat vu à travers un œil féminin omniscient. “Tant qu'il me fallait écouter, subir, tant qu'il me fallait lutter, me battre contre mes propres incertitudes et angoisses, je ne pensais à rien. Il me semblait que ma mémoire ne pouvait plus supporter cette ultime souffrance. ”Rebelle en toute demeuretire sa spécificité de la finesse de style, un style proche du langage poétique. A cela s'ajoute la brièveté des phrases utilisées. Sans omettre de signaler que cet ouvrage reste un véritable témoignage du vécu de tout un pays, de tout un peuple et d'une certaine période passée dans la douleur et le sang.

Kamel C.

Rebelle en toute demeure, récit de Nassira Belloula, Editions Chihab, 2003
Le Soir d'Agérie 17 mai 2003

 

Par Nassira Belloula
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Mercredi 14 février 2007

El Watan 10 septembre 2006
Franchir les portes closes

      «Écrire pour mieux vivre », Saint-John Perse aurait pu inventer cette réponse lapidaire rien que pour résumer la condition des écrivaines algériennes et leur motivation première.

      Depuis Djamila Debèche et sa voix inédite qui conquit durant la nuit coloniale le paysage exclusivement masculin de la littérature, les femmes n’ont cessé d’emprunter l’écriture reconnue comme un pouvoir symbolique pour résister à l’ordre social établi exprimé essentiellement par la domination/répression de l’homme. Dire les maux par les mots « en quête d’une identité usurpée soit par la colonisation soit par l’exil », et écrire aussi comme Yamina Mechakra qui disait : « J’écris avec mon cœur, mes viscères ; mes textes, en gestation, sont des accouchements douloureux. »
      Sans tomber dans la caricature, Nassira Belloula tente de dessiner à travers cette idée un panorama des écrivaines algériennes et leur place dans le paysage littéraire national dans son essai intitulé Les belles algériennes, paru récemment chez les éditions Media-Plus. Un recueil de confidences composé d’une vingtaine de portraits et d’entretiens avec des noms qui forment aujourd’hui cette littérature foisonnante et de plus en plus audacieuse. Evitant d’emprunter les sentiers battus des recherches universitaires en se concentrant sur le must de cette scène, à l’image de
Assia Djebar, Ahlem Mosteghanemi et Yamina Mechakra, notre consœur a tenté d’élargir son champ en mettant en exergue des plumes plus jeunes et néanmoins prometteuses telles Maïssa Bey, Nadia Ghalem et Hafida Ameyar.
      Poétesses, romancières ou essayistes, elles investissent toutes les formes littéraires et participent à la création de l’enseigne féminine de la littérature algérienne que tente d’embrasser cet ouvrage proposé au grand public. Tout au long des nombreux face-à-face que Belloula, elle-même écrivaine, assure avec ses femmes auteurs, elle tente d’extraire des réponses aux interrogations posées dans l’introduction de l’ouvrage sur la nature du désir d’écrire chez ces femmes, et celui du rapport exceptionnel qu’elles entretiennent avec les mots.
      Elle aborde aussi la question de savoir s’il existe une écriture typiquement féminine et si les Algériennes se préoccupent des mêmes sujets que les autres femmes. Et c’est de la bouche de
Zineb Labidi que vient une bribe de réponse qui veut qu’on écrive à partir de sa situation sociale et historique, lorsqu’elle dit ceci : « Une femme qui écrit franchit de multiples portes et traverse une saison qui n’est sur aucun calendrier ». Les femmes algériennes l’ont compris et en ont usé pour briser les chaînes du patriarcat, ne serait-ce que symboliquement, et pour atténuer la douleur ressentie tout au long de la décennie tragique du terrorisme islamiste.
      C’est ce qui explique en partie la multiplication des plumes durant les années 90 assimilée au renouveau de la littérature algérienne et où ces voix féminines aspirent à occuper une place de choix et développer leur espace de signifiance en s’affranchissant d’une thématique exclusive qui empêche le corps féminin, comme l’intelligence qu’il renferme, de se dévoiler entièrement et livrer ses profondeurs inépuisables. Le pari est ainsi lancé pour revendiquer l’héritage « d’une antique civilisation qui a vu naître le premier Romain de l’humanité en la personne de l’Algérien Apulée de Madaure ».
N. Nesrouche


La Nouvelle République 18 juin 2006
Paroles de femmes

      Contrairement à Conversations à Alger, paru chez Chihab en 2005, Les belles Algériennes. Confessions d’écrivaines, paru chez Média-Plus de Constantine, cette année, sous la plume de notre consoeur Nassira Belloula est plus abouti voire mieux élaboré.

      Se matérialisant par une somme d’entretiens, réalisés avec des auteures algériennes, cet ouvrage se veut une tribune offerte aux femmes pour dire la littérature féminine.
      «Pénétrer dans l’univers de ces écrivaines est une aventure excitante ; chacune a son propre jardin secret, sa propre vision des choses avec une part fantaisiste et une part réaliste, souvent les frontières entre ces deux mondes sont si minces ; d’où la force et l’imaginaire de ces femmes. Les écrivaines que nous avons rencontrées possèdent toutes une idée assez précise de leur propre «nature» d’écrivaine ; chacune en propose une définition fort intéressante, écrit Nassira Belloula dans l’avant-propos.
      Ainsi donc, il y a celles qui évoquent leur «Envie de mots», parmi elles,
Zineb Labidi, Maïssa Bey, Hafida Ameyar, Nouara Hocine .... Chacune, à sa manière, dira ses premiers flirts avec les mots et les premières visites secrètes de la muse. Et il y a encore celles qui parlent de leurs «Désirs d’être», comme c’est le cas pour Yamina Mechakra, Najia Abeer, Zineb Laouedj, Nina Hayet ou Karima Berger qui avouent toutes s’affirmer à travers l’écriture et enfin, il y a celles qui s’expriment à travers «La poésie de la résistance».
      Les voix sont, par conséquent, plurielles, en raison de préoccupations, d’études ou de milieux sociaux différents. Et il devient, par conséquent, intéressant de prendre connaissance de la vision de chacune d’entre elles, en matière d’écriture.
      Si, pour
Zineb Labidi, auteure, entre autres, de La ballade des djinns, Ecris et je parlerai ou Passagères, «L’écriture peut devenir le lieu où être, celui où celle qui écrit peut, sinon réaliser, du moins toucher à ce qui ressemble au rêve de mon personnage. Une femme qui écrit franchit de multiples portes… Ecrire reste une aventure totale», pour Maïssa Bey (Au commencement était la mer, Cette fille-là, Sous le jasmin, la nuit …) :
      «l’écriture est son engagement contre le silence trop longtemps imposé et qui continue d’être imposé aux femmes. C’est un engagement contre tous les silences…», ajoutant «J’ai une vie, une voix qui est portée par d’autres vies, d’autres voix et c’est cela l’essentiel pour moi».
      Affirmant que «la littérature féminine apporte de précieuses informations sur l’univers des femmes, pour une meilleure compréhension de leur condition, de leurs douleurs, de leurs préoccupations féminines»,
Hafida Ameyar (Sahara Occidental. Que veut l’ONU ? et La littérature féminine algérienne de langue française) avoue, pour sa part, que «Les mots m’ont toujours accompagnée pour des raisons diverses. Il y a des mots qui pansent des blessures et des déceptions. Il y a des mots qui fouillent en moi et qui, tel un miroir, me poussent à me regarder et à me remettre en cause. Il y a des mots qui constatent, pour dénoncer les injustices dans ce bas monde…».
      Et la vision n’est pas complète car d’autres idées viennent rejoindre et consolider celles émises plus haut, par ces femmes écrivaines. Pour
Zineb Laouedj (Enfance apprivoisée, Toi qui déteste le soleil, Nouara la folle…), l’écriture s’apparente à une lutte. «Je suis engagée sur le front des idées et de la culture. Je suis poète, je continue à écrire en arabe littéraire et dialectal», explique-t-elle.
      Point d’achoppement, la poésie peut dire aussi d’autres combats, d’autres engagements et d’autres douleurs.
Anna Gréki, Nadia Guendouz, Zhor Zerrari ou Annie Steiner, toutes ont dénoncé par le vers la misère et l’injustice coloniales. Toutes portent la bravoure comme étendard. Et pour Nassira Belloula, l’ultime chapitre est une sorte d’hommage mérité à toutes ces guerrières qui n’avaient comme seules armes, que leur plume, leur courage et…leur féminité.
Hassina A.

Nassira Belloula, Les belles Algériennes. Confidences d’écrivaines, éd. Média-Plus, Constantine 2006, 220 pages

Info Soir 1er juin 2006
Aveux de femmes

      Le livre évoque la prise de conscience des femmes par rapport au pouvoir de l’écriture.

      Les belles Algériennes, un livre écrit par Nassira Belloula, paru aux éditions MédiaPlus, est un recueil de confidences de femmes écrivaines (comme
Maïssa Bey, Samira Negrouche, Yamina Mechakra, Najia Abeer et bien d’autres encore) qui se sont investies dans la littérature et racontent leur expérience d’écrivaine et «le rapport fusionnel» qu’elles entretiennent avec l’écriture, un mode d’expression qu’elles considèrent comme libérateur. Une souveraineté, une affirmation de soi.
      Ce livre s’inscrit, comme l’écrit Ghania Hamadou, «dans une société et dans une littérature dominées par les hommes». C’est à partir de ce postulat que l’idée de faire un livre sur l’espace littéraire féminin est venue à Nassira Belloula.
      C’est «partir à la rencontre de cette voix féminine, plutôt de ces voix de femmes algériennes, multiples, qui redessinent le paysage littéraire», écrit Nassira Belloula, rappelant, au passage, que «nous sommes entrés dans cette littérature féminine par l’entremise d’Assia Djebar qui nous a fait partager les désirs candides, les luttes obsessionnelles, les souffrances muettes des personnages féminins, ordalies des voix féminines dont elle s’est fait le script, il y a plus d’une cinquantaine d’années».
      Ce livre, qui met à nu des aveux de femmes, évoque leur prise de conscience par rapport au pouvoir de l’écriture, un pouvoir qui leur permet de dire et de se dire, de faire entendre et retentir une voix, la leur.
      «Les femmes sont conscientes du pouvoir symbolique de l’écriture et des mots», écrit Nassira Belloula. Et d’ajouter : «L’écriture devient pour elles un haut lieu de résistance où elles livrent un combat contre un discours traditionnellement transmis par une culture et une tradition misogynes.» D’où l’idée de «l’écriture engagée, de l’écriture exutoire, de l’écriture délivrance ou encore de l’écriture simplement nécessité…» Nassira Belloula écrit : «Pénétrer dans l’univers de ces écrivaines est une aventure excitante ; chacune a son propre jardin secret, sa propre vision des choses avec une part fantaisiste et une part réaliste ; souvent, les frontières entre ces deux mondes sont si minces, d’où les forces et l’imaginaire de ces femmes. Les écrivaines que nous avons rencontrées possèdent toutes une idée assez précise de leur propre «nature» d’écrivaine ; chacune en propose une définition fort intéressante. Différentes les unes des autres, liées entre elles juste par cette alchimie qu’elles ont des mots.»
Y. I.
Par Nassira Belloula
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Mardi 15 avril 2008


       voici quelques extraits de presse concernant mon dernier ouvrage Djemina en attendant de mettre tous les articles en ligne.

Djemina, c’est aussi une fenêtre ouverte sur plusieurs autres vies, celles de femmes anonymes dont le déroulement du fil existentiel méritait bien cette halte. De Zara à Zerfa, en passant par Aïcha, Melha, l’aïeule, et toutes les autres, l’écrivaine, à travers des textes gorgés de sensibilité et de poésie, décrit, dénonce et déclame, de même qu’elle rend hommage à la bravoure, au dévouement et à l’engagement de toutes ces femmes envers la vie, une vie qui ne leur a pas fait de cadeau mais pour laquelle, elles se sont férocement battues. Histoire parmi d’autres, la Nuit du récit est, sans doute, l’une des plus chères à l’écrivaine puisqu’elle s’inspire de la vie de sa mère. «C’est son portrait», avouera-t-elle."   

                                                                       
                                                                     H.Amrouni in Nouvelle république
                                                                                        15/04/2008


 

"Aussi, faut-il bien reconnaître que la force créatrice de Nassira Belloula, servie par un sens aigu de la poésie, par une écriture résolument affranchie, autorise le dépassement de toutes les limites des genres littéraires; car dans chaque expression, elle a mis une émotion parfaitement adaptée au contexte, aux convenances même. J’y vois, en effet, de la pudeur, de la retenue, de l’intelligence, enfin voilà l’art d’écrire qui s’accorde avec un style nu, une simplicité de ton, avec des images aux longues résonances poétiques soulignant leur vérité - tant il est vrai, hélas! que notre littérature n’est pas toujours ainsi faite; l’ambition ridicule de briller brûle l’espérance de vie d’une pensée heureuse, elle pousse à l’usage de la trivialité et à l’écriture contre nature. C’est justement par quoi la démarche d’esprit de Nassira Belloula dans Djemina me semble claire et suffisante pour nous entraîner avec elle dans le monde qu’elle habite et nous conduire vers des horizons algériens tant espérés par les Algériens. Par l’idée, par la culture, par la passion, par le souffle, nous sommes alors en Algérie, nous parlons de l’Algérie, nous écrivons pour l’Algérie. Voilà le genre de livre que j’aimerais faire lire à ceux qui aiment la bonne lecture [...] Djemina est un recueil de récits mêlant histoire, fiction et surtout passion d’écrire et de réécrire un passé possiblement vraisemblable où des personnages légendaires, réels ou imaginaires, ont façonné les époques et les âges de notre pays. L’auteur, fort de son expérience de journaliste et d’éducatrice spécialisée de formation et de son intime sens de l’observation, nous révèle des images de femmes attachantes, et plus que cela."

                                                                      kaddour M'hamsadji in l'expression 
                                                                                                    9 avril 2008

"Les récits contenus dans le livre de Nassira Belloula sont de toutes couleurs et de tous genres, du riant au sévère, et de toutes époques, d’hier à aujourd’hui. Je ne vous dirai pas le contenu synthétique de ces 188 pages attrayantes, je vous rapporterai seulement et à ma manière, l’histoire de « La vierge de Tifelfel ». On est dans les Aurès, en l’an 172. C’est le temps des conquérants romains, l’empereur Trajan régnait, les centurions construisaient Thamugadi (Timgad). Une jeune fille chaouia va à la fontaine loin de son village, Mchounech."

                                                                     A.Zekkad in Elwatan du 3 avril 2008

Par Nassira Belloula
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Samedi 26 juillet 2008


Culture : NACÉRA BELLOULA, JOURNALISTE ET AUTEURE DE VISA POUR LA HAINE
Un ouvrage contre le temps !


«De mon éducation hallucinatoire, je garde une sensation de perpétuel danger. J’ai la peur
des choses et des hommes. Je n’ai jamais su si ma peur était réelle. J’étais donc prisonnière
de cette ducation basée sur la méfiance et l’interdit…» Alger, 1990. Lever de rideau sur une tragédie
qui a eu lieu hier. Dans une société qui s’émeut et s’agite encore des séquelles d’une sale guerre,
un retour pour la mémoire s’impose.
Nacéra Belloula, journaliste et auteure de Visa pour la haine, paru aux éditions Alpha, s’est
glissée dans les dédales d’une histoire qui commence par New York pour aboutir à
Kandahar et Falloudjah. Un récit géométrique qui est passé aussi par les pans dévastés de
Bab El Oued, Ouled Allal puis Sidi Moussa. C’est l’histoire poignante d’une famille algérienne déchirée,
au cœur d’un conflit devenu plus tard mondial. La terreur est partout. L’écho de la mort, retentissant.
Nul abri pour ces femmes et ces hommes livrés en pâture. L’Algérie a retranscrit une décennie et plus
de son histoire patente à l’encre rouge. Explosion de violence et montée d’extrémisme à la hâte.
Les fondements de la religion se sont mesurés aux intérêts politiques. Premières victimes, les
femmes et les enfants évidemment. C’est l’histoire de Souha. Jeune fille âgée de 19 ans à peine.
Elle s’est mariée au retour de la mosquée, dans l’arrière-boutique d’un boulanger. Ses
convictions religieuses se sont heurtées à son amour immuable pour Béchir, «l’émir».
Descente aux enfers. Souha va connaître les pires instincts des hommes devenus par
la force des animaux enragés. Les mots sont aussi lourds que les maux d’une société qui
n’a jamais fait son deuil. La misère morale et physique est réelle. A partir de là, tous s’autorisent,
 tout est autorisé. Les lois volent en éclats. Les rêves amoureux s’évanouissent au rythme
de l’hymen forcé par la bête. Jeune brebis dévorée par la folie des hommes enturbannés
par la crasse. Ils ont violé leur avenir du revers d’une arme. Souha a commis la pire
des erreurs. Confiante, elle s’est égarée au détour d’un bonheur impossible. D’un Eden
qui n’existe pas. Souha, sa mère aliénée par la volonté de ses fils… Bouleversante,
saisissante, révoltante, Nacéra Belloula, dans Visa pour la haine, plonge le lecteur dans
les méandres d’une cité qui a décidé aujourd’hui de faire allégeance à la horde sauvage.
Visa pour la haine, un ouvrage contre le temps. A lire !
Sam H.
lesoirculture@lesoirdalgerie.com



Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2008/06/19/article.php?sid=69805&cid=16
Par Nassira Belloula
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