Cycle de conférences au SILA :
Les années quatre vingt dix ont connu une "profusion" de plumes algériennes, consacrant une écriture féminine tranchant avec la thématique traditionnelle, a affirmé, hier, à
Alger, la romancière algérienne Nacéra Belloula.
Nacéra Belloula, qui animait une conférence sur le thème intitulé "60 ans d'écriture féminine en Algérie", conjointement avec la poétesse arabophone Zineb Laouedj, a relevé que "les années 90 ont
connu une profusion de plumes algériennes, consacrant une écriture féminine qui tranche avec la thématique traditionnelle, telle que la Guerre de libération nationale". "Le nouveau roman
algérien écrit par des femmes-écrivains tranche avec se qui se faisait avant, dans la mesure où il s'inscrit dans le sillage de la liberté d'écriture et d'expression", a-t-elle
souligné dans cette conférence organisée en marge du Salon international du livre d'Alger (SILA). Tout en situant l'apparition de l'écriture féminine en Algérie en 1947 avec la
publication du roman de Taous Amrouche "Jacinthe noire" et le roman de Djamila Debbache "Leila jeune fille d'Algérie", Nacéra Belloula a soutenu que le roman écrit par des femmes
durant cette période a été marqué par les "conditions de la colonisation". Elle a affirmé, dans ce contexte, que le premier roman d'Assia Djebbar "la soif" (1955), et sur la foi de
déclarations de l'auteur lui-même, "ne fait pas partie de l'écriture spontanée", ajoutant qu"'à partir de cette date, Assia Djebbar avait rejoint la thématique liée à la Guerre de
libération nationale". La poétesse algérienne d'expression arabophone, Zineb Laouedj, a estimé, à son tour, que la Guerre de libération "a approfondi l'idée de la libération chez les
écrivains algériens". Réfutant l'idée d'un antagonisme entre les expressions arabopohone et francophone de la littéraire algérienne, Zineb Laouedj a relevé que les écrivains des années 70
et 80 ont reçu une formation universitaire bilingue qui leur a permis de connaître la littérature étrangère. "Les genres littéraires et les formes d'écriture ont connu une évolution
extraordinaire de l'indépendance à ce jour", a-t-elle souligné, notant dans ce cadre que "le nouveau poème a complètement rompu avec le carcan des anciennes formes d'écriture
Par Nassira Belloula
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