Ecrire....simplement

Ici c'est le partage obligatoire
entre deux paroles inquiètes
du passé aboli au futur en fuite
(Longchamps)
voici quelques photos de l'important symposium sur la littérature algérienne et africaine en générale, qui s'est tenu à Alger dans le cadre du Panaf, le 15, 16 et 17 et qui a regroupé quelques 75
écrivains du continent africain, Mabanckou, Gassouma, Beyala, Mati, Sami Tchak, André Brik, Lazhari Labatar, Yamilé Ghbalou, Sari, Eugène Ebodé, Waciny Laâradj, ....je ne pourrais les citer tous
mais je ferais dans les jours à venir quelques comptes rendus et quelques récensions des livres africains que j'ai lu
.
Sur la première photo (cliquer pour l'agrandir), il y'a de droit à gauche, Brahim tazaghart, Samira Negrouche, Lazhari Labter, Jaoudet Gassouma, Djamel Mati, Youcef Sayah, (un ami à Mati), Yamilé
Ghebalou et enfin M'hamed Larbi et moi bien sur (qui a pris la photo. Je devais être sur la photo suivante du groupe mais Sayah l'a hélas ratée, elle est complètement flou)
lors de la première séance, le matin du 16 juillet, Djamel Mati, l
a présidente de la séance Yamilé, la modératrice Negrouche, à sa droite
Akli Tadjer, sophiane Hadjadj et Sari
Fascination géométrique pour une introspection psychologique
Les Arabes autrefois, avaient découvert grâce aux ombres, l’idée des tangentes (une longueur d’ombre à un moment de la journée ou des ombres calculés grâce à un bâton ou gnomon) mais ne nous enfonçons pas dans la géométrique et les mathématiques, mais plutôt dans l’introspection « tangente » d’Aziz Fares où il y a des impossibilités et des évasions ce qui nous renvois à des questionnements et des interrogations. Mais tout commence donc par une rumeur, une rumeur déferlante qui empoigne, qui nous renvois dos à dos avec nos fantômes et nos démons, et cette route qui se dessine devant nous longiligne, fallait-il donc reprendre cette route ? « Cette route qui ne venait de nulle part et qui ne menait à rien. » pourtant, psychologiquement cette route mène bien quelque part, irrémédiablement vers soi, dira le narrateur de La tangente impossible, parlait-il d’exil, de cet exil intérieur plus douloureux encore. Il nous renvoi donc au bout du voyage vers nous, chacun revient vers lui-même, mais ce soi, ce moi profond est-il - ce nulle part- « je vous écris de nulle part » ceci dit, ce nulle part existe bien « Et, d’ailleurs comment pourrais-je vous dire où je suis ? Quand l’exil vous a pris dans sa barque emportée par la bourrasque qui fouette le visage et le corps » L’écriture ici se mêle pour devenir témoignage et témoin à la fois et le lecteur est pris en faute, celui d’être « l’écouteur » car ce qui va se passer est déjà en lui, fermentant et grondant. La liberté, les mots doux, les mots amers, des souvenirs et des idées en sommes toute une vie, cette vie qui s’assemble dans ses pages et il s’agit finalement de se regarder en face, mais « attention ! L’illusion est dangereuse quand on persiste à ignorer la réalité » averti le narrateur qui sait que cette réalité, la notre, celle que nous avons tous vécus est amère, elle est pleurs, morts, déchirures, éclatements….le narrateur nous ressemble, car nous aimerions tous taire nos états d’âmes, tourner le dos à nos démons. Or, la déchirure est bien profonde en nous et la cicatrice tarde à venir. L’exil est apparu donc comme l’ultime solution, un choix douloureux mais l’enjeu était de taille, c’était celui de l’instinct de conservation. Aziz Fares plante le décor de son récit nous sommes en plein de cette décennie noire qu’il ne nomme pas, qu’il ne prononce pas mais elle est là, sombre et effrayante, elle écorche et éparpille nos sentiments et nos sensibilités, nos frayeurs et nos espoirs. Aziz Fares use du verbe comme il sait si bien le faire, mais cette fois-ci avec une différence, il y a de l’émotion et de la fureur dans le texte, dans les textes car tout se suit comme un délire beau et fou, des lieux indéfinis et le temps bien précis, les heurs et les matins inscrits comme un journal de survivance, tenu pour se rappeler que tout est discontinu, tout est tordu d’où une tangente impossible, et n’est-ce pas que « s'échapper par la tangente » s’est s'esquiver, se tirer d'affaire adroitement, or, ici nous n’arriverons pas à s’en sortir d’affaire car la douleur est là et les souvenirs aussi, parfois, imposants par le bonheur qu’il procure encore « j’aimerai tellement entendre le son de l’âtre qui crépite de bonheur et les pas aériens des enfants de l’espoir.» Il ne s’agit pas d’aligner ici des mots qui ne servent qu’à dire, qu’à écrire, c’est plus profond c’est une aptitude de l’esprit d’entrer en contact avec lui-même et c’est cela qui donne à l’écriture un cachet particulier. Il ne faut pas croire que l’exercice auquel s’est adonné Aziz Fares, celui de l’auto-analyse est réductible, c’est une parfaite « aventure » où tous les tiroirs ont été ouverts, ceux de l’amour, de la rencontre, des espoirs qui nous animent, des incompréhensions aussi. La rumeur, celle qui nous a prise en branle bas au début du texte, nous reprend, non pas désabusé mais repus de mots à la fin et quels mots.
Les réactions suite à l'acharnement terrible, inhumain et barbare des israéliens à réduire en cendres définitivement toute tentative de vie à
Ghaza ont étés si nombreuses et si sincères, un élan de solidarité impressionnant. Je mettrais au fur et à mesure, les réactions reçues pour que nul n'oublie
et nul ne dira plus tard je ne savais pas.
Je viens de lire le contenu de la carte blanche des militants associatifs néerlandophones. Que dire devant cette mise à nue des desseins israéliens,
encore une fois, ce sont mes doutes et mes désespoirs qui se sont attisés, oh, jamais éteint ce feu qui me consumait, quant toute petite j'écoutais chaque soir, à 18h, mon père cherchant à capter
désespérément sur sa radio, " ici la voix de la Palestine" (houna saout falestine). Jamais je n'ai pu oublier ce que j'entendais, et quant au lycée, j'écrivis mon premier recueil de
poésies (Les portes du Soleil), édité en 1988, le poème Sabra et Chatila coulait en moi comme un sang chaud. Aujourd'hui encore, je ne
sais quoi faire, quoi penser, quoi dire, impuissante, meurtrie, souffrante...même les mots ne veulent pas venir, douloureux et hors-la loi, ils se refusent à moi. J'ai soudain des doutes, des
doutes en tout; Les beaux slogans, les droits de l'homme, la déclaration universelle des droits de l'homme dont nous venons de célébrer les soixante ans d'existence, dont le plus sacré des
articles concerne le droit à la vie avant tout......utopique tout cela, toute cette mascarade que font les nations lors des travaux de la commission plutôt du conseil des droits de l'homme chaque
année à Genève durant le mois de mars et d'avril où dans les salles feutrées, ils mettent au point des résolutions qui ne veulent rien dire où ils s'alignent sur les décisions des plus
forts. L'Irak, la civilisation de la Mésopotamie a été balayée, l'Irak détruite et livrée au terrorisme, livrée aux pires des destins et dans les salons feutrés des Nations Unis, des
bouches s'étaient tus. La Syrie risque le même sort, alors qu'on oublie qu'en Egypte, la dictature règne et qu'en Arabie Saoudite, les droits de l'homme sont bafoués quotidiennement mais face à
cela, les Nations Unis n'ont pas de résolutions. Ils surveillent comme de vaillants guetteurs, leurs intérêts, l'argent, le pétrola, la suprématie, et les gendarmes du monde, les Etats Unis
et leurs alliés de toujours...Et chaque fois, qu'Israël insulte les nations du monde entier en commettant au vu et au su de tous, des génocides en brandissant l'étendard de la riposte, ironique,
mettant sur le même pied d'égalité, un jet de pierres et un bombardements, les Nations dites championnes des droits de l'homme et donneuses de leçons applaudissent et je pointe du doigt les
Etats Unis, l'Union Européenne et la France . Oh, je n'oublie point les pays Arabes, des pays riches, au fait les gouverneurs arabes, riches mais incapables de s'unir, incapable de
réagir. L'argent et le pétrole ne servent en définitive, qu’à entretenir les harems des seigneurs du pétrodollar et autres pachas en mal de pouvoir. Nos gouverneurs arabes n'osent pas,
ont-ils peur de prendre une décision capitale, celle de se porter protecteur des palestiniens, de dire à Israël stoppe, nous sommes là? Laissez moi rêver en silence d'un monde meilleur où la paix ne peut être ni utopie ni otage....hélas, en ces moments là, l'armée israélienne envahi Ghaza avec
ses chars d'assauts, ses armes lourdes, son aviation, ses généraux, ses soldats armés par l'argent des américains, protégés par les présidents des nations dites fortes, face aux femmes, aux
enfants, aux adolescents, aux jeunes, aux vieux....tout un peuple qui tremble car ils ne possèdent rien de tout cela, nis aviation, ni soldats, ni aéroport, nis frontières, ni
pays, tout est contrôlé par Israël qui leur refuse le pain et le lait, les médicaments et les soins, tandis que sous d'autres cieux l'ont écume encore le champagne du réveillon...et ce soir,
des enfants vont encore mourir parce que Israël n'a pas encore fini sa conquête de la Palestine....méditons sur cela, en 1947 sur la terre palestinienne, les palestiniens étaient aux environs de
94%, et les israéliens à 5%, aujourd'hui, les israéliens sont à 90% et les palestiniens à peine 15%. Le génocide
continu et l'on se tait.
Je vous laisse dormir.....si vous pouvez.
Nassira Belloula
publié sur le site de http://www.yenoo.be/
La censure fait fuir les éditeurs
Durant le Sila 2008, qui s’est achevé jeudi 6 novembre, presque 200 ouvrages ont été interdits sur ordre non écrit d’une double commission de censure dirigée par les ministères des Affaires
religieuses et de la Culture. Jean Richard, directeur des éditions En bas de Lausanne et représentant de l’Association des éditeurs, des libraires et des diffuseurs de Suisse romande (ASDEL),
confirme la nouvelle. « Nous allons peut-être décider de ne pas venir l’année prochaine. Il y a une discussion profonde menée au sein de notre association. Des éditions françaises, comme La
Découverte, L’Atelier, Le Seuil, qui ont été frappées par la censure, réfléchissent à la même chose. Idem pour les éditeurs sans frontières de la région PACA (France) », précise-t-il. Selon lui,
la commission de censure a saisi deux ouvrages édités par Pierre-Marcel Favre. Il s’agit de Le livre noir des nouvelles persécutions anti-chrétiennes de Thomas Grimaux et L’Antisémitisme en
littérature d’Emmanuel Heymann. « Un ouvrage a été séquestré et un autre a été interdit d’exposition aux rayons. Je ne sais pas s’ils ont le droit de séquestrer des ouvrages et de les garder.
C’est un flou artistique », se plaint-il. Les censeurs n’ont donné aucune explication à cette interdiction. Pierre-Marcel Favre est le fondateur du Salon du livre et de la presse de Genève, lancé
en 1987. En 2007, il avait invité l’Algérie à cette manifestation. Il a soutenu à sa manière l’indépendance de l’Algérie après avoir découvert, lors d’un voyage, les réalités amères du
colonialisme à l’âge de 17 ans. En 2008, l’Algérie lui a bien rendu la politesse ! Jean-Richard qualifie la censure « d’inadmissible à l’époque moderne ». Pire, les livres des éditions En Bas ne
sont jamais arrivés sur les stands. « Ils ont été perdus entre Lausanne et Alger. C’est un problème lié probablement aux transporteurs. Ce n’est pas une question de saisie. C’est une perte. Je
suis donc venu sans mes livres », regrette Jean-Richard. Les éditeurs libanais et égyptiens, qui ont subi aussi des interdictions sournoises, ont fait circuler un document pour obtenir le
consensus d’un boycott de la future édition du Sila. Nacéra Belloula, qui vient de publier un roman Visa pour la haine aux éditions Alpha, estime qu’il
est ridicule de censurer des livres. « Quels sont les critères sur lesquels on décide d’interdire des livres ? C’est tout de même curieux d’inviter un auteur au Salon et de lui dire que son livre
ne peut pas être exposé ! », dit-elle. L’islamologue tunisien, Youssef Seddik, a été invité à animer un café littéraire au Sila 2008 sans son essai Qui sont les barbares ? L’avant-dernier roman
de Salim Bachi, Tuez les tous, a été traduit en arabe en 2007 dans le cadre de Alger, capitale de la culture arabe, avec l’aval du ministère de la Culture avant d’être censuré au Sila 2008 !
Parlant de son roman écrit après les attentats du 11 septembre 2001, Nacéra Belloula explique que c’est l’histoire d’une initiation d’une adolescente au terrorisme. « Elle va grandir juste avant
le début du terrorisme en Algérie. Elle va être portée par la vague qu’on a connue. Elle va être au centre de l’action et faire les maquis algériens. Et de là, elle va aller en Irak et en
Afghanistan. A la fin, on fera d’elle un agent dormant qui va se charger d’un attentat qui va avoir lieu aux Etats Unis », raconte-t-elle. Soulignant « l’évolution » de l’écriture féminine
algérienne en soixante ans, elle met la faiblesse du nombre de romancières en Algérie sur le compte des impératifs de l’édition. « Les manuscrits restent parfois dans les tiroirs. Certaines
franchissent le pas, d’autres non. Les potentialités existent », note-t-elle. Assia et Djazia Ghouti sont, elles, deux sœurs à écrire des contes pour enfants. Le secret de la femme magique
et Qu’y a-t-il dans le panier ? leurs premiers ouvrages publiés par les éditions Dalimen. Les illustrations sont réalisées par leur propre mère, artiste-peintre. « Le manque de livres pour
enfants nous a encouragées à écrire ces textes. Le fait qu’on écrive ensemble, est une affaire de famille. Nos écrits sont inspirés de ce que nous racontent les enfants. Quand je commence à
écrire, je ne peux plus m’arrêter », souligne Assia Ghouti. Les deux sœurs ont plusieurs projets en tête. Invitée à évaluer la tenue du Sila 2008, Naïla Bouchareb, des éditions Sédia, pense qu’il
est mieux organisé que celui de 2007. « C’est plus professionnel. On répond à nos questions. On ne nous laisse pas attendre », déclare-t-elle. Ce n’est
pas l’avis de Nacéra Belloula. « J’ai l’impression que ce Salon régresse d’année en année. On a parlé de la maturité. Je ne vois pas où est cette maturité », relève-t-elle.
Par Faycal Metaoui
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